Il n’existe pas de carte unique des zones inondables en Belgique : chaque région a la sienne, avec ses propres niveaux et son propre statut. La Wallonie s’appuie sur la carte de l’aléa d’inondation, Bruxelles sur la carte combinée de Bruxelles Environnement, la Flandre sur les scores P et G de Waterinfo. Pour l’assurance incendie, c’est la loi du 4 avril 2014 qui joue, pour toute la Belgique ; pour la vente, les règles diffèrent d’une région à l’autre.
| – | Wallonie | Bruxelles | Flandre |
|---|---|---|---|
| Carte de référence | Carte de l’aléa d’inondation (WalOnMap) | Carte combinée de Bruxelles Environnement | Scores P et G de Waterinfo |
| Ce qu’elle indique | Quatre niveaux d’aléa : très faible, faible, moyen, élevé | Pluie, cours d’eau, refoulement d’égout, nappe proche de la surface | Scores de A à D pour la parcelle (P) et le bâtiment (G) |
| Ruissellement | Axes de ruissellement (LIDAXES) | Inclus dans la carte combinée | Pris en compte dans les scores |
| Valeur | Indicative | Indicative, sans valeur réglementaire | Scores à mentionner dans l’acte et la publicité |
| À la vente | Le notaire indique l’aléa dans l’acte | Le notaire dit si le bien est en zone à risque au sens de la loi sur les assurances | Scores obligatoires (informatieplicht) |
- Carte de référence
- Carte de l’aléa d’inondation (WalOnMap)
- Ce qu’elle indique
- Quatre niveaux d’aléa : très faible, faible, moyen, élevé
- Ruissellement
- Axes de ruissellement (LIDAXES)
- Valeur
- Indicative
- À la vente
- Le notaire indique l’aléa dans l’acte
- Carte de référence
- Carte combinée de Bruxelles Environnement
- Ce qu’elle indique
- Pluie, cours d’eau, refoulement d’égout, nappe proche de la surface
- Ruissellement
- Inclus dans la carte combinée
- Valeur
- Indicative, sans valeur réglementaire
- À la vente
- Le notaire dit si le bien est en zone à risque au sens de la loi sur les assurances
- Carte de référence
- Scores P et G de Waterinfo
- Ce qu’elle indique
- Scores de A à D pour la parcelle (P) et le bâtiment (G)
- Ruissellement
- Pris en compte dans les scores
- Valeur
- Scores à mentionner dans l’acte et la publicité
- À la vente
- Scores obligatoires (informatieplicht)
Pourquoi la Belgique n’a-t-elle pas une seule carte des zones inondables ?
L’eau, l’aménagement du territoire et l’urbanisme sont des compétences régionales. Chaque région produit donc ses cartes, avec sa méthode et ses catégories. Le résultat : un « aléa moyen » wallon, un « score D » flamand et une « zone à risque » bruxelloise ne se comparent pas directement.
Une règle d’une région ne s’applique jamais à une autre. Avant de raisonner sur un bien, il faut donc identifier sa région, puis utiliser la carte de cette région.
Wallonie : quelle carte fait foi et comment la consulter ?
La carte de l’aléa d’inondation
La carte en vigueur a été adoptée par le Gouvernement wallon le 4 mars 2021 et publiée au Moniteur belge le 24 mars 2021. Elle est revue tous les six ans. Elle distingue quatre niveaux d’aléa : très faible, faible, moyen et élevé. Elle traite le débordement de cours d’eau sous forme de zones, et le ruissellement sous forme d’axes (la couche LIDAXES). Le Service public de Wallonie présente cette carte comme l’outil de référence.
Consulter la carte pour une adresse
- Ouvrez WalOnMap.
- Saisissez l’adresse ou la parcelle.
- Activez les couches de l’aléa d’inondation (zones) et du ruissellement (axes LIDAXES).
- Notez le niveau d’aléa au droit du bâtiment, pas seulement de la parcelle.
La procédure détaillée figure sur la page du SPW « Savoir si mon bien est en zone inondable ». La carte repose sur des scénarios de période de retour de 25 ans et plus : l’absence d’inondation récente ne prouve donc rien. Elle reste indicative.
Un cas type : une maison mitoyenne avec cave à Liège
Un couple visite une maison mitoyenne en bord de Meuse. Sur WalOnMap, la parcelle apparaît en aléa moyen. Au moment de la vente, le notaire reprend la valeur de l’aléa dans l’acte, d’après les renseignements urbanistiques. Les acheteurs peuvent encore demander un certificat d’urbanisme n° 2 pour un avis préalable sur un projet de transformation ou d’extension.
En Wallonie, l’aléa pèse aussi sur les permis : la commune peut refuser ou imposer des conditions, avec avis du gestionnaire du cours d’eau et de la cellule GISER du SPW.
Bruxelles : que montre la carte combinée de Bruxelles Environnement ?
Depuis 2025, Bruxelles Environnement propose une carte combinée qui réunit la pluie, les cours d’eau et le refoulement, c’est-à-dire l’eau de l’égout qui remonte dans les canalisations des habitations. Elle comprend aussi les zones où la nappe d’eau souterraine est proche de la surface, avec une grille de diagnostic de 10 m. La carte est indicative et n’a pas de valeur réglementaire. Elle est accessible via la page des cartes relatives aux inondations : on y recherche une adresse et on lit les niveaux d’eau par scénario et par période de retour.
Selon L’Avenir (30 octobre 2026), le principal risque identifié est le reflux des eaux usées dans les caves. Pour des précipitations exceptionnelles, de l’ordre d’une fois tous les mille ans, un Bruxellois sur cinq pourrait être touché.
À la vente, il n’existe pas d’obligation régionale propre. Le notaire indique si le bien est situé en zone à risque au sens de la loi sur les assurances. Les informations de la carte, elles, relèvent de la démarche volontaire de l’acheteur.
Un cas type : un commerce en rez-de-chaussée à Bruxelles
Le gérant d’un commerce dont la cave sert de réserve consulte la carte pour son adresse. Le risque principal n’est pas la rivière, mais le refoulement d’égout. Vivaqua propose un conseil inondation gratuit sur place (02 518 88 10). Pour une cave raccordée à l’égout, un clapet anti-retour est la première mesure à examiner. Aucune région ne l’impose, mais les trois régions et les assureurs le recommandent. Pour en savoir plus, voyez la page clapets anti-retour.
Flandre : que signifient les scores P et G ?
La Flandre a choisi une logique de scores. Le score P (parcelle) et le score G (bâtiment de plus de 25 m²) vont de A à D, et sont en vigueur depuis le 1er janvier 2023. Le guichet Waterinfo fournit pour chaque parcelle ces deux scores et un rapport d’inondation, valable un an. La carte des zones inondables (overstromingsgevoelige gebieden) de la Vlaamse Overheid complète l’ensemble.
La Flandre est la seule région des trois où l’information est obligatoire : pour toute vente ou location de plus de neuf ans, les scores doivent figurer dans toute publicité et dans l’acte (informatieplicht, voir la page officielle). Tout permis passe en outre par la watertoets (test de l’eau), qui évalue l’effet d’un projet sur le système d’eau.
Que change la carte pour l’assurance incendie ?
Ici, la règle est fédérale. Depuis la loi du 4 avril 2014 relative aux assurances, l’assurance incendie « risques simples » d’une habitation couvre l’inondation et le débordement ou le refoulement des égouts publics. Ce n’est pas une option à souscrire à part. Aucune région n’a de règle différente sur ce point.
Deux limites concernent directement les cartes :
- Constructions récentes en zone à risque. Un bâtiment construit en zone à risque plus de 18 mois après le classement de la zone peut être refusé par l’assureur.
- Contenu des caves. Le contenu posé à moins de 10 cm du sol peut être exclu de la couverture.
Attention : la « zone à risque » au sens de la loi sur les assurances n’est pas la même chose que l’aléa wallon, la zone bruxelloise ou le score flamand. Les cartes régionales informent et orientent ; la qualification pour l’assurance suit ses propres règles. En cas de doute, demandez une réponse écrite à votre assureur ou à votre courtier.
Un cas type : une PME en zone d’activité
Une PME occupe un entrepôt construit récemment en bordure d’un cours d’eau. Avant d’acheter, son gestionnaire vérifie la carte régionale, puis demande à l’assureur si le bâtiment peut être couvert et à quelles conditions. Une garantie « risques simples » ne vaut en principe que pour les habitations et petits risques ; un bâtiment professionnel d’une certaine taille relève d’un autre régime. Le gestionnaire fera confirmer par écrit la nature du contrat et ses exclusions.
Que change la carte pour une vente ou une location ?
- Flandre : scores P et G obligatoires dans l’acte et la publicité, pour les ventes et les locations de plus de neuf ans.
- Wallonie : le notaire indique la valeur de l’aléa dans l’acte, d’après les renseignements urbanistiques.
- Bruxelles : pas d’obligation régionale propre ; le notaire dit si le bien est en zone à risque au sens de la loi sur les assurances.
Pour un gestionnaire de biens ou un syndic, la conséquence est pratique : constituez une farde par bâtiment avec la carte régionale consultée, la date de consultation, les polices d’assurance et les interventions déjà réalisées. Cela facilite les ventes, les renouvellements de contrat et les discussions avec l’assureur.
Que faire après avoir consulté la carte ?
Une carte indique un niveau de risque, pas la manière dont l’eau entrera chez vous. Distinguez deux voies d’entrée : l’eau qui vient de la rue (par les portes, portails, soupiraux) et l’eau qui remonte par les canalisations. Les protections diffèrent selon la voie. Un tour d’horizon est proposé sur la page inondations en Belgique. Si vous souhaitez une étude de votre bâtiment, vous pouvez demander un devis : la première analyse intervient sous deux jours ouvrables.
Ce qu’il faut retenir
- Il n’y a pas une carte belge, mais trois : WalOnMap en Wallonie, la carte de Bruxelles Environnement, Waterinfo en Flandre. Leurs niveaux ne se comparent pas.
- Wallonie et Bruxelles : cartes indicatives. Flandre : scores P et G à mentionner obligatoirement dans l’acte et la publicité.
- Pour toute la Belgique, l’assurance incendie « risques simples » couvre l’inondation et le refoulement d’égout, avec deux limites : construction récente en zone à risque et contenu de cave à moins de 10 cm du sol.
- La carte ne dit pas par où l’eau entrera : identifiez si le danger vient de la rue ou des canalisations.
Prochaine étape utile : consultez la carte de votre région pour votre adresse, notez la date, puis demandez à votre assureur par écrit ce qui est couvert pour ce bien.



